© Inria / Photo H. Raguet

Grâce à l’engagement de la région Nord-Pas de Calais et de la Métropole Européenne de Lille, le centre Inria Lille – Nord Europe s’apprête à tester une nouvelle plate-forme de transfert de technologie : InriaTech. Dès mi-2015, une dizaine d’ingénieurs seront mobilisables pour développer le transfert de la recherche vers les entreprises locales innovantes. Les explications de David Simplot-Ryl, directeur du centre Inria Lille – Nord Europe.

 

Pourquoi imaginer aujourd’hui un nouveau dispositif de transfert de technologie en direction des entreprises ?

David Simplot-Ryl – © Inria / Photo Kaksonen

Nous travaillons depuis longtemps à rapprocher le monde de la recherche et celui des entreprises. Une mission que nous développons dans le cadre de contrats de transfert ou de recherche. La labellisation French Tech de notre métropole en novembre dernier a mis en lumière les enjeux en terme d’emploi de l’industrie du numérique. Dans ce contexte, il faut « augmenter la bande passante » entre la recherche et l’entreprise notamment pour le transfert des technologies issues de la recherche.

 

Quel est le principe de cette nouvelle plate-forme d’échange, baptisée InriaTech ?

L’objectif est d’entretenir un pool permanent d’ingénieurs, mobilisables sur des contrats de recherche ou des contrats de transfert technologique. Jusqu’ici, à chaque nouveau contrat, nous devions recruter et former au coup par coup nos ingénieurs, ce qui retardait d’autant leur prise de poste effective. Désormais, nos futurs partenaires ne seront plus soumis à cette contrainte : d’ici à 2016, nous allons embaucher une dizaine de nouveaux ingénieurs, aux profils suffisamment diversifiés pour répondre à la plupart des demandes. Quatre recrutements sont déjà en cours.

 

« L’objectif d’InriaTech est d’entretenir un pool permanent d’ingénieurs, mobilisables sur des contrats de recherche ou des contrats de transfert technologique. »

 

InriaTech est une plate-forme propre au centre de Lille ?

Si nous sommes à l’initiative de cette plate-forme, nous la testons évidemment pour l’institut. Le besoin de jonction entre recherche et entreprise n’est pas propre à Lille mais il doit d’inscrire dans une dynamique locale au travers des écosystèmes – d’où le sens de se placer dans la French Tech. Nous avons la chance d’avoir une certaine agilité et des partenaires qui sont fortement mobilisés autour de cette démarche de développement économique en lien avec la recherche en science du numérique.

 

Comment ces ingénieurs seront-ils préparés à leur mission ?

Ils doivent se familiariser rapidement avec notre univers. D’où leur intégration immédiate dans l’une de nos 16 équipes projets. En parallèle, deux services se retrouvent en première ligne : le service expérimentation et développement, en charge de l’encadrement des nouveaux profils, et le service transfert, innovation et partenariat, mobilisé sur la relation avec les entreprises partenaires.

Pendant un mois, les nouvelles recrues se familiariseront avec notre fonctionnement et nos outils : les « briques de bases » communes à toutes nos équipes ainsi que les technologies avancées liées aux différents projets de recherche. Ils pourront ensuite être mobilisés dans le cadre de partenariats, à temps complet ou partiel, au service de nos équipes ou dans des laboratoires installés chez nos entreprises partenaires.

 

« InriaTech a vocation à dynamiser la R&D privée au niveau régional : elle accélère les transferts de technologie, facilite le démarrage de start-up et, plus généralement, contribue à la montée en gamme des entreprises régionales dans le domaine de l’innovation numérique. »

 

Ces nouveaux ingénieurs sont recrutés pour trois ans renouvelables, que deviendront-ils ensuite ?

C’est le second volet du projet. Nos recrues recevront une formation sur les technologies Inria mais aussi à l’entrepreneuriat dès leur période d’intégration et celle-ci se poursuivra quand ils seront sous contrat, pendant 20% de leur temps. Dans le cadre de leurs missions, ils seront immergés dans l’écosystème French Tech, dont ils vont découvrir toutes les ressources : EuraTechnologies, la Plaine Images, les pôles de compétitivité et d’excellence… Très vite, ils seront encouragés à mettre à profit l’expérience acquise pour lancer leur propre projet de start-up. Ces projets de créations d’entreprises seront accompagnés comme nous le faisons depuis longtemps et comme nous souhaitons l’intensifier. Nous sommes bien là au coeur des missions d’Inria : nous fêtons cette année les 30 ans de création d’entreprises.

 

Au-delà de l’aide que vous apportez aux entreprises, quel rôle la plate-forme peut-elle jouer à l’échelle de l’économie locale ?

InriaTech a vocation à dynamiser la R&D privée au niveau régional : elle accélère les transferts de technologie, facilite le démarrage de start-up et, plus généralement, contribue à la montée en gamme des entreprises régionales dans le domaine de l’innovation numérique. À moyen et long terme, c’est la meilleure promesse de développement et d’emploi.

 

Mots-clés : InriaTech Transfert Innovation Entreprise Start-up

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